La science de la nutrition

Pour commencer, il faut comprendre que la nutrition et la science qui l’étudie est VRAIMENT nouvelle. C’est en 1942 que l’Université de Montréal ajoute à son cursus scolaire le programme de nutrition. Pour remettre en perspective, une personne née en 1942 aurait 77 ans aujourd’hui soit l’âge de la plupart de nos grands-parents. Ceci étant dit, la science de la nutrition a donc évoluée au fil des années. Par exemple, à la venue du programme alimentaire qui se fait en temps de guerre, on souhaitait que les Canadiens ne manquent pas de nutriments et ne souffrent pas de carence nutritionnelle. Avec les années, on tente de renverser des maladies chroniques causées par les excès. Par ailleurs, les études en nutrition sont toutes relativement nouvelles et ne sont pas nécessairement «backé» par suffisamment de preuves pour être utilisées sans ajustements, réflexion, adaptations, etc. Par exemple, une étude pertinente menée en 1970 et qui aurait pour conclusion une façon de s’alimenter, mais qui n’a pas été validée par d’autres études, peut être intéressante, mais elle ne doit pas être prise pour du cash.

 

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Effet boule de neige

Il faut aussi comprendre que les médias, afin de faire de l’argent (avec des clics), reprennent les études scientifiques et font un article super sensationnel afin d’expliquer LA découverte du siècle en matière d’alimentation. Il faut juste se rappeler que les études sur lesquelles se basent les publications qu’on voit sur les réseaux sociaux NE sont PAS pour le grand public. Le but c’est pas de dire que vous êtes poches pis que vous savez pas lire quelque chose de scientifique, c’est juste extrêmement difficile lire ce type d’article; en effet, ça peut prendre plusieurs heures quand on n’est pas habitué puisque plusieurs points-clés doivent être validés (ex. est-ce que c’est la bonne méthode utilisée, la bonne population, est-ce que l’hypothèse est pertinente, est-ce qu’il y a des biais, etc.). En plus, la plupart des articles scientifiques ont des conclusions dans les zones grises : ils ont découvert quelque chose, mais il doit y avoir plus d’études pour s’assurer de ce qu’ils ont découvert. On a donc l’impression que la science de la nutrition se contredit toujours : un jour on mange du brocoli, l’autre jour c’est cancer, etc. Ben c’est la faute des grands médias de masse qui partagent des articles qui ne devraient pas être vus pour l’instant par le grand public car la conclusion n’est pas encore solide.

 

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Qu’est-ce qu’on mange?

Avec tout ça, comment savoir quoi manger, qui croire? Pour commencer, il faut trouver des sources fiables d’informations. Le gouvernement peut être une bonne base (nouveau guide alimentaire canadien) ou encore des articles rédigés par des nutritionnistes. Actuellement, la science est unanime sur les bienfaits d’une alimentation végétale et peu transformée (plant based qu’on appelle ça). On peut donc commencer par intégrer l’assiette équilibrée que propose le guide alimentaire canadien (1/2 de légumes, ¼ de protéines et ¼ de produits céréaliers à grains entiers). Si on souhaite une alimentation encore plus personnalisée à nos besoins (grossesse, perte de poids, gain de masse, etc.), ça pourrait être pertinent de rencontrer une nutritionniste. Parce que même si un article crédible donne une certaine information, faut pas perdre de vue que c’est fait pour la population générale et que ça ne s’applique peut-être pas à sa situation. Ceci étant dit, est-ce que ça peut être dangereux de suivre les nouvelles tendances alimentaires qu’on voit apparaitre à chaque semaine? Ça dépend du conseil. Ajouter de l’eau citronnée à son alimentation s’pa ben grave, mais adopter une alimentation qui n’est pas adaptée à sa maladie ou qui est très loin de ce qu’on mange habituellement, et ce sans supervision, peut causer des problèmes physiques et/ou psychologiques.

La morale de l’histoire? Ce serait le fun croire qu’un aliment puisse guérir le cancer et qu’une diète miracle pourrait nous faire perdre les maudites 10 lbs qui nous gossent depuis 2 ans. Mais la vérité c’est que s’il y avait une diète miracle, on vous l’aurait dit il y a longtemps. Pour éviter de tomber dans le piège des clicks-baits, on essaie de valider la source de l’information (qui a écrit l’article) et on prend ce qu’on lit avec un grain de sel. En cas de doute, on pose des questions à une personne formée dans le domaine!

Les Pieds Dans Les Plats
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