ON EST OÙ?

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Dans la p’tite ville de West Ham, tout l’monde semble vivre une belle vie. P’tite vie tranquille de village huppé, rien à signaler. Badabim Badaboom. Ça prend pas 30 minutes du premier épisode pour te plonger dans un événement weird; tous les jeunes ados finissants du secondaire partent pour un field trip ordinaire, mais y reviennent sur leurs pas à cause d’un éboulement quelconque leur bloquant la route. Seul hic, plus personne n’habite le village. Plus de réseau, plus de parents, plus de vie, plus rien. Étrange

Même si les personnages passent beaucoup de temps au début à se questionner sur « où est-ce qu’on est là », on en vient rapidement à les voir s’organiser, essayer de survivre dans un monde où les parents (lire ici l’autorité) n’est plus là. Honnêtement, c’est vraiment juste une prémisse comme une autre, propice à du développement d’personnages vraiment pertinents. On s’est tous déjà demandé ce qu’on ferait si la fin du monde arrivait. Quel rôle on jouerait. Le rôle du leader? Le rôle du méchant? Le rôle de l’adjuvant? Un figurant? Ici c’est pareil, les jeunes réalisent peu à peu qu’eux-mêmes sont leur seule chance de survivre. Pis ce s’ra pas facile

Donc, l’important dans la série, c’est pas d’savoir où ils sont, c’est vraiment d’voir comment ils vont s’en sortir. Prends Loft Story mettons (Big Brother dans les autres pays), on s’en foutait un peu de savoir qui allait gagner à la fin, on voulait juste voir les alliances, les chicanes, les bons coups, les moins bons, etc. Pareil ici. Et des moins bons coups, y’en a une trâlée, laisse-moi te l’dire. C’est rough quand même. Hey que les humains… on agit comme des animaux lorsque menacés… eh la la…

 

 

GÉNÉRATION Z

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C’est HYPER intéressant de voir des jeunes ados privilégiés de 2019 devoir se serrer les coudes pour avancer. Et aussi de constater que ça leur est totalement étranger. C’est intéressant et terrifiant. On vit dans une société qui nous isole plus que jamais, qui fait en sorte qu’on peut dire « j’dépends d’personne moé »; le fameux « do it yourself ». La série est comme une immense métaphore sur la condition humaine, peu importe les époques. Ça met en valeur de très mauvais côtés de l’humanité; la meute, l’instinct de survie maladif, la peur, la solitude, la hiérarchie et j’en passe. C’est pas Riverdale là, c’est deep. Deep, mais deep fried aussi (en voulant dire que y’a d’la belle panure pis ça goûte bon)

Cette série-là pourrait faire partie du programme scolaire au secondaire. Sérieux. Genre secondaire 5, comme les jeunes de la série. Que feriez-vous? Qui serez-vous dans le monde adulte? Pas juste « moi je veux devenir prof ou médecin ». Non-non. Ça porte une immense réflexion sur ce qu’on peut et doit apporter à notre société en tant qu’individu; qu’est-ce qu’on vaut individuellement? Qu’est-ce qu’on apporte au groupe? C’est quoi, concrètement, une société?

C’est clair qu’on bâtit pas une société tout seul… la série le démontre franchement bien. Pis c’est aussi impossible de faire plaisir à tout le monde… la série le démontre tout autant bien. Qui va gagner? Le plus fort? Le plus riche? Le plus intelligent? It’s anybody’s game

 

 

ON REGARDE?

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J’t’ai bingewatcher ça en deux jours. 10 épisodes d’une heure, d’excellents acteurs et actrices tous inconnus (c’est rafraîchissant). C’est pas une série pour voir des beaux plans de caméra ou des beaux costumes ou de la belle musique. La série a rien d’artsy; ça s’veut « sci-fi étrango-futuriste », mais c’est simplement un portrait peu flatteur et assez fidèle de notre société. Ça porte à réfléchir… beaucoup… tout en étant ultra divertissant

P.S. Le punch de la fin doit signifier une suite. Il le faut. IL LE FAUT

Note Générale : 8/10 (parce que toutes les sociétés ne sont pas parfaites)