LE POUVOIR DE L’IMAGE

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Mullholland Drive. C’est la première affaire à laquelle j’ai pensé. L’esthétique est tellement similaire. Le ton aussi. Le scénario weird aussi. Les couleurs pastel désaturées, le soleil gris de la côte ouest, le look des voitures, du linge… toute ! Oh my god, j’capote tellement c’est beau. Dès l’début. Pis pour les fins connaisseurs, le générique de début de la première saison était assez spectaculaire ; il commençait 15 minutes avant la fin du premier épisode pis ça l’rendait totalement inattendu pis majestueux. J’étais prêt cette fois-ci. Encore une fois, un choix inusité et excessivement calculé de mettre le générique où il est pour la saison 2. Bravo, gang.

Juste quelques exemples qui prouvent que Brit Marling la Magnifique, qui est aux commandes de la série (rôle principal, productrice exécutive et idéatrice) est vraiment dans son élément. Cette femme contrôle son image et son message de manière hallucinante. Son univers est complexe, fin, envoutant, mystérieux, enivrant, pis j’en passe.

On regarde aussi la série pour le linge. Yo man. Brit Marling avait les kits les plus weirds dans la première saison, hyper hipster-normcore-qui-a-pas-une-cenne, mais là, c’est une toute autre game, les chums. Sans révéler rien de l’intrigue, disons que là on est dans une ère plus vintage-chic-glamour-2003-professional-asylum-go-getter-basic-bitch.
Tu m’suis?

 

 

INQUIÉTANTE ÉTRANGETÉ

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Qu’est-ce qu’on regarde quand on regarde The OA me demanderas-tu? Je l’sais bin pas. Pis c’est pas grave. C’est une histoire d’amour, de mystère, un drame, un thriller, un sci-fi, une épopée épique dans le monde terrestre, un psycho-drame-humain, who cares?

En histoire de l’art, j’me rappellerai toujours de la notion d’inquiétante étrangeté qu’on a apprise. C’est quand, mettons, un personnage dans une toile fixe le spectateur (nous) et que ça donne un petit frisson dans l’dos. T’as pas peur, mais t’es inconfortable. The OA, c’est ça. La série te regarde droit dans les yeux (dans ton âme) pis ça t’rend inconfortable, mais de façon hyper positive là. Tsé, c’est l’fun l’inconfort dans une série télé, c’est bin plus l’fun que l’indifférence totale, non?!?! Bon, Freud l’explique vraiment mieux que moi, mais tu comprends l’idée générale. C’est pas d’l’horreur, c’est pas un thriller, c’est une série étrange… et inquiétante… à plusieurs niveaux.

The OA maîtrise vraiment son mandat; piquer notre curiosité. Nous faire se questionner sur les choses, les gens qui nous entourent, nos choix de vie, questionner le monde qui nous entoure. Si tu y réfléchis un peu, ça peut devenir vraiment bad trippant comme expérience. Alors réfléchis pas trop (en tout cas pas pendant l’écoute) pis fonce et plonge dans l’univers. C’est plein de poésie sans être cul-cul; c’est plein de revirements de situation qui sont pas tape-à-l’œil; c’est plein de nouveaux visages rempli d’talents. Si la saison 1 t’as plu, regarde la saison 2 en vitesse pis tape-toi même les films de Brit (Sound of my voice, Another Earth, The East).

 

ON REGARDE?

 

ATTENTION. Je crois que oui, mais c’est vraiment pas une série qui va plaire à tout l’monde, faut être averti que c’est pas une ride en ponton ; c’est plus une ride de speedboat dans la houle un dimanche après-midi pluvieux. Moi, j’ai trippé pis je l’recommande, en sachant très bien que des gens peuvent me revenir en disant « j’ai haïs ça pour mourir ». Mais, comme j’disais tantôt, j’aime mieux qu’le monde haïsse ça plutôt que ça les laisse complètement indifférents ; ce que The OA ne fera pas comme effet à personne, j’en suis sûr.

Note Générale : 8,5/10