Dans sa pratique courante, l’artiste un peu hermite fait preuve de tellement de versatilité qu’on pourrait penser regarder le travail de plusieurs artistes complètement différents. Dans ses murales et ses oeuvres sur toiles grands formats, c’est un peu comme si on voyait l’oeuvre à travers une flaque d’huile dans la rue. Les formes se distortionnent, les corps coulent et les couleurs se fondent les unes dans les autres. Ses dessins peints, eux, sont un amalgame de bouts de corps humain ensevelis de papillons et de fleurs exotiques et parsemés de références de culture pop. Le peintre se produit aussi en installations artistiques sur des objets trouvés et permanents comme des arbres à qui il peint des bouches et des visages, ou des pancartes de signalisation qu’il transforme en trompes l’oeil où un des coins se décolle pour révéler un intérieur fantastique

 

 

Adama, 2017 – Nicolas Craig

 

Ses oeuvres en pointillisme avec étampe, elles, se démarquent par la dichotomie entre le sujet et l’étampe utilisée pour le dépicter, comme un fusil dessiné uniquement à l’aide d’une étampe de yeux de cartoons!

 

Doux, 2017 – Nicolas Craig

 

Ce qui rassemble toute cette production sous un même toit, c’est la passion pour le figuratif. L’artiste joue beaucoup avec le corps humain, spécialement celui du sexe opposé! À l’inverse de plusieurs peintres de son âge qui ont tendance à over-sexualiser la femme dans leurs oeuvres, Nico fait preuve d’un grand respect pour elle. Il lui donne des vrais corps de vraies femmes et la glorifie en la faisant reine de ses scènes. C’est une vibe très féminine qui domine presque toujours ses oeuvres avec des sujets doux et fleuris et des palettes de couleur aux teintes pastel

 

Kiss me to death, 2018 – Nicolas Craig

 

L’autre spect qu’on retrouve dans toute la production de l’artiste, c’est un penchant pour le contraste et la double lecture. On est souvent témoin de scènes sombre et dramatiques sur un fond de lettrage coloré au sens qui vient complètement contredire le sujet. Cette dualité, souvent un commentaire social vague et ouvert à l’interprétation, provoque une prise de conscience chez l’audience

L’artiste engagé a quelque chose à dire, mais le ton sérieux de la chose ne l’importe peu. Il demeure jeune à jamais, ayant pour but de s’amuser avant tout. D’ailleurs notre peintre magasine souvent ses matériaux dans la section « jouets d’enfants » du Dollorama, car pour Nicolas Craig tous les mediums sont bons pour rendre l’imaginaire réalité!

 

Vas suivre Nicolas sur instagram @craig_nicolas

 

Feel Good, 2018 – Nicolas Craig

 

Il fait aussi partie de l’exposition collective « d’Après Picasso » où chacun des artistes réinterprète son Picasso préféré! Vernissage le 21 mars à l’Espace Mushagaluse, passez voir le show, ça promet!